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Tout ça m'assassine - Théâtre d'indignation [vidéo]

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Dominic Champagne a rencontré le public après la représentation, accompagné sur scène par les acteurs de la pièce. Ici, Mario Saint-Amand et Sylvain Marcel.
Photo: N.Falcimaigne
Montréal —

Ambiance de bar, Cinquième Salle, Place des Arts et Tout ça m’assassine. C’est une œuvre qui se prête bien au contexte mondial actuel. Quelque part entre le mouvement Occupy Wall Street qui s’amplifie et les revendications au Québec, la pièce traduit bien le désir d’agir, la prise de conscience. Les mots sont durs. Les phrases fusent, comportant des vérités qui brassent l’auditoire : « Je viens d’un pays où engagé veut dire que tu t’es trouvé une job. »

La mise en scène de Dominic Champagne insuffle vie à une collaboration écrite entre ce dernier, Pierre Lefebvre et Patrice Desbiens. À l'affiche depuis le 4 octobre, l’œuvre en trois tableaux vivait hier sa dernière représentation. Quoique leur histoire soit différente, les personnages sont animés par un même état d'âme : l’indignation. « Je dirais que ce qu’ils ont en commun, c’est un instinct de survie. Tous, chacun à leur manière, ils cherchent à préserver, à conserver justement, à maintenir leur humanité dans un contexte qui tend plutôt à les déshumaniser », démystifie Pierre Lefebvre.

Antoine Bertrand, acteur, Pierre Lefebvre, auteur, et Dominic Champagne, auteur et metteur en scène, analysent la pièce dans le contexte du Québec actuel:

La phrase d’envoi donne le ton dénonciateur. On cite Théodore Roosevelt : « "Derrière le gouvernement visible siège un gouvernement invisible qui ne doit pas fidélité au peuple et ne se reconnaît aucune responsabilité." Monsieur Charest, monsieur Harper, ce spectacle vous est dédié. » Ricanements dans le public, souffles coupés et les lumières s’ouvrent sur un bar. On y voit, interprétée par Julie Castonguay, la plus belle femme de la planète, mais elle ne sait plus de laquelle. Sylvain Marcel se glisse dans la peau d’un poète avec 16 sous en banque se faisant payer un verre par un Amérindien. « Quelque chose bouge dans ma bouche, c’est le cancer de la parole de la poésie. » Délires d’un homme qui est pris jusqu’au cou par la misère.

Changement de scène au son de la musique de Éric Asswad et Charles Imbeau. Alexis Martin arrive en cavale sur son fauteuil à roulette. Son personnage se questionne sur sa valeur monétaire, proportionnelle à celle que veut bien lui accorder la société. Pierre Lefebvre assume le même désarroi que lui : « la richesse, ce n’est pas une fin, c’est un moyen. On a donc aujourd’hui des gouvernements qui, précisément, n’ont aucune fin à nous proposer. Tout ce qu’ils suggèrent, ce sont des moyens, et même un seul moyen. Ce qui revient à dire qu’on a des gouvernements qui, finalement, ne font pas de politique… »

L'interminable déroute

Dernier tableau. Deux hommes marchent sur le bord de l’autoroute, non loin du regretté restaurant Madrid. C’est en 1987, René Lévesque est mort et ils tentent de se rendre à ses funérailles. « Lévesque a incarné la prise de possession des rêves, de la liberté et des ressources naturelles », illustre le metteur en scène. Antoine Bertrand et Mario Saint-Amand donnent corps à l’optimisme et au désespoir envers le projet collectif québécois.

Tout au long de leur déroute, c’est l’histoire du Québec qu’ils se racontent. Ils veulent se donner du courage. Ils veulent comprendre. Ils ne trouvent plus le courage d’y croire. L'explication de la situation stagnante au Québec leur échappe. « Nous sommes devenus des individus et nous ne croyons plus qu'en nous-mêmes. » Pour Dominic Champagne, les deux personnages évoquent la transition entre l'instinct de revendication des Canadiens Français et la complaisance des Québécois. Ils tentent d’y trouver un présent « quelque part entre un passé mort qui n’arrive pas à mourir et un avenir naissant qui n’arrive pas à naître. »

Discussion avec le public

Le rideau tombe, lourd comme les remises en question dans l’esprit de l’audience, et s'ouvre un dialogue avec le public. Un spectateur prend la parole : « Votre spectacle nous rappelle qu’on a cette capacité de s’indigner. Il faut s’indigner avant de rêver. » La pièce secoue et dénonce l’individualisme qui alimente l’inaction sociale au Québec. « Si notre génération a été élevée dans le public, elle vit aujourd’hui dans le privé. J’entends par là que les seuls rêves qu’il nous reste sont d’ordre individuel et pas du tout collectif. On veut des choses pour chacun de nous, mais on ne veut plus rien pour nous tous. », analyse Pierre Lefebvre.

Les auteurs de la pièce tournent la plume dans la plaie et pointent du doigt la politique remplacée par l’économie, dénonçant au passage le vide social. Tout ça m’assassine se veut un éveil, une prise de conscience. « En ce sens, conclut Dominic Champagne, je crois qu’on est conviés aujourd’hui à réinvestir l’idéal républicain de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Beau défi ! »

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