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Une coopérative sur les toits de Montréal ?

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Afin d’assurer le développement et la capitalisation de son entreprise, Mohammed Hage envisage la voie de la coopérative.
Photo: Fermes Lufa
Montréal —

« J'ai su saisir une opportunité commerciale pour développer une entreprise qui a des bienfaits pour l'environnement », expliquait le 7 juin 2010 Mohammed Hage, créateur des Fermes Lufa, dans le cadre du Forum des entrepreneurs sociaux. Les Fermes Lufa, qui ont inauguré il y a un peu plus d’un an la première serre agricole bâtie sur un toit à Montréal, sont un véritable succès : elles livrent à présent plus de 700 paniers dans une quarantaine de points de chute à Montréal. Et c’est le modèle coopératif qui pourrait permettre à leur réussite d’essaimer.

Installée au sommet d’un immeuble industriel de deux étages, la serre des Fermes Lufa  est un puits de lumière champêtre qui contraste avec la grisaille de son quartier de résidence, à proximité du Marché Central. Des rangées de culture aussi variées que des tomates-cocktails rouge vif, des aubergines et des roquettes attendent d’être cueillies et distribuées le jour même à des consommateurs friands de produits naturels. « Leur succès tient pour beaucoup à la saveur très concentrée de leurs légumes. Leur goût est incroyable », remarque Jackson Wightman, propriétaire du magasin de produits biologiques Fait ici, qui sert aussi de point de chute aux paniers Lufa.

Si les Fermes Lufa sont une société  privée, elles partagent plusieurs caractéristiques communes avec les coopératives, ce qui en fait une entreprise sociale. À commencer par les valeurs éthiques : des légumes frais et non traités, une relation de proximité établie avec leurs membres, à qui les produits sont livrés sans intermédiaire. À cela s’ajoute une gestion rigoureuse intégrant des pratiques de développement durable : « Pour l’eau, nous disposons d’'un système indépendant de goutte-à-goutte en circuit fermé qui permet de la réutiliser et de la filtrer », explique Krystal Swift-Dumesnil, assistante de serre.

Mohammed Hage avoue s’être inspiré des coopératives maraîchères en mettant en place un mode de de distribution par paniers bios : « Si nos 800 paniers étaient livrés à domicile, cela engendrerait beaucoup trop d’émission de gaz. Le but est de concentrer la distribution à quelques endroits », précise-t-il.

Ce dernier soutient que la vocation de son entreprise est sociale dans la mesure où elle apporte une alternative concrète aux limites des méthodes agricoles actuelles. Au démarrage, l’entreprise nécessitait une autonomie financière totale. « Afin que ce projet soit durable et aide la société, il fallait qu’il soit commercial et non subventionné par le gouvernement, pour prouver notre autosuffisance. Les expériences passées ont montré qu’on ne pouvait pas se fier aux jardins collectifs, dont le rendement est très faible. Ici, on arrive à nourrir 2 000 personnes sur 32 000 pieds carrés, et on produit à peu près 20 fois plus de légumes que dans un jardin communautaire », explique-t-il.

Retombées économiques

L’engouement pour les produits des Fermes  Lufa a généré une véritable économie solidaire entre l’entreprise et ses collaborateurs.  « Prenez le cas de Mario Bessette, qui a sa ferme dans les Laurentides, donne pour exemple Mohammed Hage. Sa collaboration avec nous lui confère une plus grande stabilité financière. Avant, il vendait exclusivement ses produits dans les marchés publics et était tributaire de la variabilité des prix. Avec nous, il parle de prix dès le début et nous pouvons lui faire des commandes pour les 24 prochains mois. Il a aussi développé certaines de ses cultures tout spécialement pour nos membres, comme celles des patates bleues, rouges et des carottes. »

Servir de point de chute aux paniers Lufa permet d’augmenter l’achalandage des magasins ou cafés associés au projet et, parallèlement, d’en accroître la clientèle. « Parmi les gens qui viennent chercher les paniers Lufa, la moitié sont devenus de nouveaux habitués », explique Hing Hage, gérante du café Java U situé rue McGill College. « Beaucoup sont des employés de bureaux situés dans le quartier. Ils restent boire un café ou manger quelque chose après avoir ramassé leur panier. »  

La distribution des paniers a pour effet de dynamiser la vie locale en rassemblant les habitants d’un même quartier. Mohammed Hage rappelle que « plus de 60 % de nos consommateurs habitent Ahuntsic-Cartierville ».  À chaque période de distribution, de 10 à 40 personnes peuvent se retrouver dans un même lieu pour y chercher leur caisse de légumes. « Cela entraîne des discussions entre les gens, ils se trouvent des choses en commun. Ils échangent même parfois leur courriel », remarque Mohammed Hage.

Vers un modèle coopératif ?

En septembre 2011, les Fermes Lufa ont signé une entente avec le  constructeur lavallois Montoni, visant la construction de bâtiments industriels certifiés LEED, au sommet desquels seront érigées de nouvelles serres commerciales. La première serre, d’une taille quatre fois plus grande que l’actuelle, sera construite l’année prochaine. Afin d’assurer le développement et la capitalisation de son entreprise, Mohammed Hage envisage la voie de la coopérative. « On a consulté des experts dans le domaine. L’idée nous intéresse. Par exemple, on pourrait installer une serre dans les quartiers où les résidents en ont fait la demande. Des habitants pourraient participer à la cueillette. Pour l’instant ce qui nous préoccupe, c’est de  raffiner nos opérations et de consolider nos méthodes de production. »

Étant donné l’ampleur du succès des fermes Lufa – quatre grandes entreprises seraient sur la liste d’attente, faute de quantité d’approvisionnement suffisante –  le modèle de la coopérative pourrait s’avérer propice pour étendre cette forme d’agriculture. Cela permettrait aux membres des fermes Lufa de souscrire des parts sociales dans l’entreprise et de participer à sa capitalisation autant qu'aux résultats. Ils jouiraient d’un pouvoir de décision accru sur la composition de leur panier, de même que sur le développement  de l’entreprise. « Moi  ça m’intéresserait d’investir de l’argent dans Lufa », a confié  un membre venu chercher son panier au Café Falco, situé dans le Mile-End. « Cela permettrait de soutenir un producteur local dans un marché biologique en pleine expansion. D’autant que Lufa est très compétitif. Ma femme et moi avons fait le tour des magasins et producteurs bios et c’est celui qui nous offre le meilleur rapport qualité-prix. »

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