***
CECI EST L'ANCIEN SITE DU JOURNAL ENSEMBLE.

LISEZ NOS PLUS RÉCENTS ARTICLES SUR LE NOUVEAU SITE: WWW.ENSEMBLE.COOP

Bonne journée!

Entrevue - Louis Favreau: étendre les valeurs du mouvement coopératif à l’échelle de la société

  • strict warning: Declaration of views_handler_argument_many_to_one::init() should be compatible with views_handler_argument::init(&$view, $options) in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/views/handlers/views_handler_argument_many_to_one.inc on line 169.
  • strict warning: Declaration of date_handler_field_multiple::pre_render() should be compatible with content_handler_field_multiple::pre_render($values) in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/date/date/date_handler_field_multiple.inc on line 185.
  • strict warning: Declaration of views_handler_field_user_name::init() should be compatible with views_handler_field_user::init(&$view, $data) in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/views/modules/user/views_handler_field_user_name.inc on line 61.
  • strict warning: Declaration of views_plugin_style_default::options() should be compatible with views_object::options() in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/views/plugins/views_plugin_style_default.inc on line 24.

Louis Favreau a soulevé la question de l'urgence écologique et présenté la réponse coopérative lors de plusieurs forums coopératifs (ici à Saguenay).
Photo: Nicolas Falcimaigne
Sherbrooke —

L'urgence écologique trouve-t-elle une réponse dans la coopération? Louis Favreau l'affirme sur toutes les tribunes et soutient même qu'il s'agit d'une priorité absolue pour les coopératives. De passage au Forum coopératif de l’Estrie, qui s'est tenu le 19 avril dernier à Sherbrooke, le sociologue s’est entretenu avec le journal Ensemble sur sa vision du rôle à venir du mouvement coopératif dans le dépassement de la crise économique, sociale et écologique.

«Faire mouvement»

Pour Louis Favreau, le mouvement coopératif en est aujourd’hui à dépasser le cadre des entreprises individuelles et à étendre ses valeurs à l’échelle de la société toute entière. Pour accomplir cette tâche, il est important de «faire mouvement», c’est-à-dire qu’il est nécessaire pour le mouvement coopératif de s’organiser politiquement et d’articuler un discours rassembleur et pragmatique. Déjà, en novembre 2011, à la cinquième édition des Rencontres du Mont Blanc, des acteurs internationaux de l’économie sociale se sont regroupés pour présenter une plate-forme comportant «cinq grands chantiers et vingt propositions pour changer de modèle à l’heure de Rio+20».

Plusieurs initiatives désirables sont déjà amorcées à l’échelle des entreprises. M. Favreau cite ici l’exemple de la coopérative agricole Nutrinor au Saguenay. Nutrinor a volontairement adopté plusieurs pratiques écologiquement conscientes: préférer le train aux camions pour les déplacements, investir dans la recherche pour réduire l’empreinte écologique des intrants agricoles etc. Le sociologue mentionne aussi l’exemple des coopératives forestières qui ont opté pour la coupe intelligente, pour la valorisation de la bio-masse dans la production énergétique, pour le développement de la coopération internationale… La tâche serait donc d’amener cette vision économique au gouvernement.

Pour ce faire, le mouvement coopératif devra faire plus que rédiger des mémoires dans le cadre de commissions gouvernementales, illustre le chercheur. Faire mouvement, c’est aussi faire front commun avec le mouvement communautaire, le mouvement syndical et le mouvement écologiste. Selon Louis Favreau, les cinq chantiers identifiés aux Rencontres du Mont Blanc représentent des valeurs auxquelles les quatre mouvements peuvent adhérer.

Le mouvement coopératif doit prendre la parole

L’année internationale des coopératives se déroule côte à côte à un vaste déferlement de mouvements populaires: le mouvement étudiant, le mouvement des Indignés, le mouvement contre l’exploitation des gaz de schiste… Pour Louis Favreau, le mieux à espérer de cet élan de protestation est qu’il se marie au mouvement coopératif pour devenir une réelle action collective de longue durée. Apprendre le sens du travail dans la durée, là est la tâche qui attend étudiants et indignés, «parce qu’on est dans une logique où le modèle dominant est très très puissant», rappelle le sociologue.

Le mouvement coopératif devra sauter sur l’occasion de prendre la parole politiquement dans les jours à venir. Déjà, le 26 avril 2012, à l'occasion de son assemblée générale, la Caisse d’économie solidaire accueille le Groupe d’économie solidaire du Québec (GESQ) pour discuter de la conversion écologique de l’économie et de l’établissement d’une Agence québécoise de développement international.

Ces deux sujets représentent une opportunité pour le mouvement coopératif de se positionner politiquement sur des questions socialement déterminantes. Mais, comme nous le rappelle Louis Favreau, pour que le progrès social se concrétise, il faut que tout le monde s’investisse dans le débat entourant ces nouveaux projets de société.

-------------------------------
Louis Favreau est professeur de sociologie à l’Université du Québec en Outaouais. Ses travaux de recherche se penchent sur la question de l’économie sociale et du mouvement coopératif dans le contexte de la mondialisation économique. Il est un collaborateur de longue date avec le Conseil québécois de la coopération ainsi qu’avec l’Alliance de recherche Université-Communauté - Développement Territorial et Coopération. Il a récemment signé Mouvement coopératif, une mise en perspective (2010) et Économie et société, pistes de sortie de crise (2011) avec Ernesto Molina, tous deux publiés aux Presses de l’Université du Québec.

697 mots

Commentaires

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de s'assurer que vous êtes un utilisateur humain et non un logiciel automatisé de pollupostage.