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Influencer la société

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Ernesto Molina pose une question brûlante: «Sommes-nous convaincus que nous avons les moyens d’influencer la société et les façons de faire?»
Photo: Nicolas Falcimaigne
Trois-Rivières —

Maintenant bien enclenchée, l’année des coopératives est l’occasion d’une réflexion collective en profondeur des intervenant du monde coopératif au Québec. Au Forum coopératif de la Mauricie, tenu le 29 février dernier, à Trois-Rivières, Ernesto Molina, enseignant en service social à l’Université de Sherbrooke, a lancé un appel à penser le mouvement coopératif dans sa globalité et en tant qu’alternative au modèle capitaliste dominant.

Solidement ancrées dans le paysage québécois, les coopératives sont souvent des acteurs incontournables de développement économique et social, notamment en régions. Préoccupés par leurs propres activités et les besoins de leurs membres, les coopérants se mobilisent cependant rarement pour faire avancer leur cause commune: «Nous sommes un géant économique mais un nain politique, comme si on était trop humbles pour prendre la parole et mettre de l’avant le modèle de société et les valeurs auxquels nous croyons», affirme M. Molina.

Un modèle légitime et efficace

Pour le chercheur, il importe d’abord de reconnaître la diversité des formes d’entreprises (privées, publiques et collectives) et de cesser de voir l’entreprise privée comme étant «la seule à posséder la légitimité historique d’être une organisation capable d’assurer la meilleure gestion des ressources disponibles». Plusieurs études démontrent que les coopératives sont généralement plus résilientes que les entreprises privées lors des moments de crise économique.

Comme dans un écosystème, la diversité est marque de la richesse et de la durabilité du milieu entrepreneurial, affirme le chercheur. Un tissu entrepreneurial riche se doit d’intégrer toutes les formes d’entreprises et de leur laisser la latitude nécessaire pour atteindre leur finalité propre. Dans le cas d’une entreprise privée classique, il s’agit bien entendu de maximiser les profits. Des logiques différentes animent cependant les autres formes d’entreprises. Alors que l’entreprise publique fonctionnera selon le principe du droit à la vie pour tous et au vivre-ensemble, l’entreprise collective cherchera quant à elle à satisfaire les besoins de ses membres et de la communauté dans laquelle elle évolue.

Valeurs, éthique, modèle de société

Au fond, qu’est-ce qu’une coopérative sinon des gens qui s’associent pour créer des initiatives économiques dans la perspective explicite d’entreprendre autrement, favorisant notamment l’association des personnes plutôt que celle des capitaux ?

Ces initiatives, fondées sur la solidarité, refusent par principe d’opposer justice sociale et création de richesse, rentabilité économique et équité, en plus de posséder une culture démocratique et un ancrage social inconnus des entreprises privées.

Dans ce contexte, quelle réponse les coopératives peuvent-elles apporter à la crise économique actuelle, dont tous conviennent qu’elle n’est pas conjoncturelle mais bien systémique? Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, affirmait récemment que les coopératives pouvaient former une véritable alternative au capitalisme sauvage caractéristique du modèle économique actuel. La crise de la zone Euro confirme que les ajustements cosmétiques apportés ces dernières années par les politiciens ne suffiront pas, qu’il faudra vraisemblablement changer de modèle de développement pour éviter de foncer de nouveau dans le même mur.

Dans ce contexte, Ernesto Molina pose une question brûlante: «Sommes-nous convaincus que nous avons les moyens d’influencer la société et les façons de faire?» Si les coopérants de tout acabits apportent quotidiennement et de façon locale et ciblée des réponses solidaires à différents problèmes sociaux, ont-ils la masse critique et la conscience collective nécessaires pour se positionner comme un acteur politique crédible pouvant faire évoluer le débat public?

À l’international, les Rencontres du Mont-Blanc, qui regroupent des dirigeants coopératifs de partout dans le monde (peut-être l’équivalent solidaire du Forum de Davos), ont mis sur pied cinq chantiers visant à promouvoir le modèle coopératif: démocratiser l’économie et réguler la finance; promouvoir un mode de gouvernance partagé; offrir de nouveaux choix sociaux; mieux nourrir la planète et réorienter le mondialisation pour l’humanité (et non la seule économie).

Au Québec, les forums coopératifs régionaux offrent probablement cette année une occasion inédite pour les coopérants de la province de se rencontrer et de réfléchir ensemble à des solutions collectives. Souhaitons que ces réflexions soient suivies d’actions qui seront reconnues et appuyées par les pouvoirs publics car, avouons-le, il est assez certain que ce soit plus de coopération, et non plus d’exploitation des ressources naturelles, qui redonnera meilleure mine au Québec. S’il n’est pas réaliste de penser que le modèle coopératif puisse remplacer l’économie de marché, on peut tout de même souhaiter que les valeurs et l’idéal de solidarité et de justice sociale qui l’animent perfusent la société dans son ensemble.

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