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Entrevue - Dominic Champagne raconte le Jour de la Terre [vidéo]

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«Le Plan Nord, ce n’est pas strictement le plan de Jean Charest, c’est le projet des intérêts qui ont mis Jean Charest au pouvoir pour faire la promotion de leurs intérêts. C’est ça qui est en jeu. L’industrie gazière, l’industrie pétrolière, l’industrie forestière, l’industrie minière, l’industrie de toute l’ingénierie qui supporte ça, elle contribue à la caisse du parti.» - Dominic Champagne
Photo: Nicolas Falcimaigne
Montréal —

Le 22 avril dernier, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de Montréal pour marcher pour le Jour de la Terre. Dans plusieurs autres régions du Québec, les citoyens ont emboîté le pas. Deux jours après l'évènement, l'organisateur Dominic Champagne a accueilli le journal Ensemble chez lui pour une entrevue de fond sur les enjeux relatifs au Printemps Québécois et sur les défis à relever pour poursuivre le mouvement.

Nicolas Falcimaigne, journal Ensemble – Que penser de la participation du public à ce grand rassemblement du 22 avril ? Comment cette aventure a-t-elle débuté ?

Dominic Champagne – Je suis très fier, très heureux et très fatigué de toute cette épopée-là. Pour moi, ç’a vraiment commencé avec la question des gaz de schiste, l’année dernière. Il y a quelque chose qui m’avait choqué dans l’attitude des gazières et du gouvernement, et dans le sentiment de résignation ambiant que je voyais chez les citoyens, un sentiment d’impuissance. Beaucoup de gens au départ me disaient : « Ça ne sert à rien, pourquoi tu fais ça ? » Parce qu’il ne faut pas se laisser faire. On était une poignée au début à essayer de créer des assemblées d’information dans les villages pour intéresser les gens aux gaz de schiste. [...] Toute la question des gaz de schiste, ça m’a ouvert les yeux. Ce que j’ai fini par comprendre, c’est que ça s’applique à l’ensemble des ressources, au dossier du pétrole, au dossier des mines, au dossier des forêts... Il y a un enjeu qui est important, global, un enjeu de richesses collectives, dont le gaz de schiste, pour moi, a été le révélateur. [...]

La cerise sur le sundae, c’est quand le Canada a décidé, en décembre dernier, de se retirer du protocole de Kyoto. Le protocole de Kyoto est devenu une sorte d’abstraction pour nous tous, comme si ce n’était pas vraiment important, comme si ça ne nous concernait pas directement, alors que la question du réchauffement climatique est probablement la question politique la plus importante qu’on a à se poser en ce moment, avec la faim dans le monde. Ultimement, ça se rejoint parce que le réchauffement va créer plus de famine.

La question de l’exploitation des ressources naturelles est aussi liée à Kyoto parce que c’est une source de gaz à effet de serre et que ça touche au partage de la richesse. Le Canada a décidé de se retirer du protocole de Kyoto, du concert des pays civilisés qui ont décidé de mener une lutte intense à ce problème, parmi les plus importants, sinon le plus important de la planète. Et là, on a banalisé la situation parce qu’on veut couvrir moralement et politiquement l’exploitation d’une richesse naturelle collective au profit d’une minorité extrêmement puissante, en faisant croire à l’ensemble de la population que ça amène la prospérité dans le pays. Or, on le sait que c’est faux, on sait que c’est de la propagande, que c’est de la démagogie. On le sait que l’exploitation des sables bitumineux, c’est une catastrophe écologique immense, qui contribue énormément aux gaz à effet de serre, donc aux changements climatiques contre lesquels il faut se battre. [...]

À mon avis, c’est une question beaucoup plus large que la stricte question environnementale, quoique la question environnementale soit au cœur du Jour de la Terre. C’est aussi une question économique, politique, sociale et morale que je pose avec ce rassemblement-là. Pour moi, le retrait de Kyoto n’est pas seulement une question de protection de l’environnement. C’est une question de choix de société. On décide pour des raisons politiques et économiques de se retirer de Kyoto. [...]

En réfléchissant, je me dis qu’au fond, ce dont il faut parler, c’est du bien commun. Mais le bien commun, qu’est-ce que c’est ? Alors là, je me dis qu’on va poser la question du bien commun, on va forcer les gens à réfléchir sur ce qu’est le bien commun.

N. F. – Est-ce qu’un rassemblement comme celui du 22 avril peut mener vers des actions concrètes ?

D. C. – Je pense que les actions concrètes, ça revient aux groupes de pression, aux ONG, aux partis politiques. Éventuellement, ça revient aux citoyens, mais je pense que c’est important de se dire qu’il y a quand même un dénominateur commun fort. Ce n’est pas strictement le gaz de schiste, ce n’est pas strictement Minganie sans uranium, ce n’est pas strictement la protection des forêts, la protection de l’eau, la protection de la qualité de l’air, ce n’est pas strictement Kyoto.

Tout ça participe d’un même mouvement. Au bout du compte, je me dis que ce qui est en jeu – et ça rejoint l’automne des indignés et le printemps des étudiants –, c’est qu’il y a une minorité très puissante qui est convaincue du fait qu’en investissant dans le développement qu’elle propose, elle va amener le bonheur sur terre alors qu’il y a une majorité qui souffre, qui est appauvrie par cette manière de faire là. Un des principaux enjeux, ce sont les ressources naturelles, une richesse collective. Là, on est en train de nous faire croire qu’il faut absolument encourager ce mode de vie là, qui est promu par une minorité très bien représentée au gouvernement.

Le Plan Nord, ce n’est pas strictement le plan de Jean Charest, c’est le projet des intérêts qui ont mis Jean Charest au pouvoir pour faire la promotion de leurs intérêts. C’est ça qui est en jeu. L’industrie gazière, l’industrie pétrolière, l’industrie forestière, l’industrie minière, l’industrie de toute l’ingénierie qui supporte ça, elle contribue à la caisse du parti. En plus, on est dans une ère où il y a des soupçons importants de corruption au niveau de notre mode de fonctionnement. C’est sûr qu’on est convié à un changement radical.

Moi, mon parti pris, c’est : fédérons, rassemblons tout ce monde-là, redonnons-nous un sens de la communauté, un sens de la fraternité. Faisons en sorte que les artistes ne fassent pas que parler des problèmes des artistes. Faisons en sorte que les artistes, les écologistes donnent leur appui aux étudiants et que les étudiants puissent être là pour parler des richesses naturelles. Parce que ça concerne tout le monde.

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Avec la collaboration de Marie-Neige Besner

Cet article du journal Ensemble a été co-publié dans le journal indépendant Le Mouton Noir, avec l'autorisation de son auteur. www.moutonnoir.com

     

1111 mots

Commentaires

Jour de la Terre

C'est toujours enrichissant de lire les propos de Dominic Champagne, un homme vrai, conscient de ses droits et aussi de ses responsabilités. Puissions-nous tous nous inspirer de lui, ne pas nous laisser faire comme les sujets d'une autorité toute-puissante mais bel et bien agir de façon responsable, comme des citoyens d'une démocratie. Nous tous, qui sommes engagés, on nous demande parfois "Pourquoi fais-tu cela?" Sans doute parce que nous ressentons notre bien collectif aussi fortement que si c'était un bien privé, comme  l'exprime Boucar Diouf. Parce que nous savons que la terre, nous l'empruntons pendant la durée d'une vie et que nous voulons la rendre en bon état à ceux qui suivrons. Parce que c'est un appel auquel on ne peut résister, celui de protéger ce qu'on sait précieux quand on le voit menacé. J'invite tous mes concitoyens à prendre un moment de réflexion, à savoir s'ils se sentent bien avec ce qu'on décide pour eux, maintenant et pour l'avenir de leurs enfants. Se taire, c'est consentir.  Si nous ne consentons pas, nous avons la responsabilité de nous exprimer et demanifester nos désaccords. Fermement et pacifiquement.

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