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Victoriaville - Les coulisses de la colère

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Les équipes d'infirmières et d'infirmiers bénévoles ont été débordées, car elles se sont retrouvées à intervenir sur le cas des blessés graves et à collaborer avec les services paramédicaux.
Photos: Gaëlle Ruaux
Victoriaville —

«Voici le numéro de notre avocat! Ne le notez pas mais mémorisez-le!» clame Sabrina au milieu du chahut et de l’enthousiasme qui animent les passagers étudiants d’un bus scolaire en ce pluvieux après-midi de mai. Cette étudiante, membre de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), s’est portée volontaire pour superviser un groupe de manifestants dans l’un des 50 bus en partance pour Victoriaville le 4 mai 2012, dans le cadre de la tenue du conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ). Incursion dans les coulisses de la société civile en colère.

«Il n’y avait pas assez de responsables pour prendre en charge les groupes de tous les autobus et je me suis proposée. À chaque fois qu’on va loin de Montréal, on s’assure que tous ceux qui sont présent dans le bus à l’aller le soient aussi au retour», précise l’étudiante en sociologie à l’UQAM. À cette fin, elle a fait circuler plus tôt une feuille de présence parmi les passagers.

Chaque étape de son exposé a été répétée en amont. «On s’est rejoint avec d’autres responsables un peu avant l’heure de départ officielle pour discuter des informations qu’on allait communiquer aux gens. Il y a toujours les questions de sécurité légales et les renseignements que les manifestants doivent divulguer ou taire devant les policiers s’ils sont arrêtés», explique la jeune femme.

Une large chaîne d’organisation

Sabrina est un maillon d’un système beaucoup plus large, chapeauté par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui a officiellement organisé l’événement. Le communiqué de presse de la manifestation du 4 mai a été envoyé aux différents groupes, membres de la coalition, qui l’ont ensuite diffusé dans leurs réseaux. Au sein de la CLASSE, la secrétaire aux relations internes, Élise Carrier, a coordonné la formation des responsables de bus. «J’ai envoyé aux associations étudiantes un document sur ce que doit exposer chacun des responsables à son groupe», indique-t-elle. Elle rappelle aussi que «quatre personnes ont été chargées de circuler parmi les autobus au départ de Montréal pour vérifier que toutes les informations avaient été données en même temps».

Le rôle fédérateur des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont aussi été un vecteur de communication efficace pour échanger des offres de services et des renseignements sur l’événement. En plus de la page officielle du rassemblement, nommée Manif-action unitaire «Colère générale contre le Parti libéral» à Victoriaville, des étudiants de l’université de Laval ont créé l’événement Occupons le congrès du PLQ le 29 avril 2012, dans le but «d’inviter étudiants et membres de diverses organisations militantes à joindre la manifestation de Victoriaville». Au bout d’une semaine, la page comptait 942 membres. Trois autres pages Facebook ont été ouvertes à partir de ce forum, afin d’arrimer les demandes d’hébergement et de covoiturage aux offres disponibles.

Les renforts infirmiers

C’est encore grâce au groupe Facebook des Infirmiers et infirmières contre la hausse des frais de scolarité que l’infirmier secouriste Jean-Pierre Roy est parvenu à recruter des bénévoles infirmiers pour encadrer la marche du 4 mai. Son association, appuyée par la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), prodigue des soins de première ligne lors des manifestations étudiantes. «On a décidé de travailler avec La CLASSE, qui avait déjà requis nos services. A l’époque, ils étaient eux-aussi en train de monter des équipes de secouristes», se rappelle-t-il. «Pour le 4 mai, on a réussi à mobiliser une dizaine d’équipes formées chacune de deux professionnels. Nous étions munis de trousses de premiers soins et habillés en bleu, pour s’assurer d’être visibles On avait sur nous du matériel de base: des produits pour apaiser les effets des gaz irritants, des lotions pour nettoyer le visage des gens. On a aussi apporté du vinaigre pour imbiber le foulard de ceux qui ne voulaient pas respirer les gaz.»

Dans les faits toutefois, beaucoup de ces soins mineurs ont été dispensés par des secouristes étudiants. Jean-Pierre Roy avoue que le jour-même, ses équipes ont été débordées, car elles se sont retrouvées à intervenir sur le cas des blessés graves et à collaborer avec les services paramédicaux.

Le soin le plus sollicité durant la manifestation a certainement été le Maalox, un antiacide permettant de calmer les sensations de brûlures causées par les gaz lacrymogènes. Ce produit a été utilisé à répétition pour nettoyer la peau et les yeux des manifestants touchés par les effluves de gaz irritants. «Je ne voyais plus rien, j’avais juste envie de pleurer et de vomir. Heureusement que des équipes se sont succédées pour m’asperger d’eau», se rappelle une manifestante. «Ça fait 12 semaines qu’on se fait frapper et poivrer. Maintenant, on est au courant qu’il faut être pourvu du matériel nécessaire», commente Sabrina.

Les dérapages de la SQ

Si l’encadrement de la manifestation avait été bien préparé du côté des organisations et associations militantes, la gestion de l’événement par la Sûreté du Québec (SQ) semble avoir fait l’objet de nombreuses failles.

«Ce n’est pas sur le moment, mais beaucoup plus tard dans les médias, que j'ai appris que la manifestation avait été déclarée illégale à 18h30», témoigne une autre manifestante. «Sur place, je n'ai jamais entendu ça et j'ose croire que la plupart des gens non plus. Plusieurs personnes seraient parties si elles avaient appris que le rassemblement était considéré comme une émeute.»

Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), a partagé la même impression. Le FRAPRU est l’un des 137 organismes sociaux regroupés sous le chapeau de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services sociaux et de ses branches régionales. Citée dans Le Devoir, cette dernière a déploré que la police n’ait donné «aucun avis de dispersion» avant que ne soient lancés les gaz irritants, les balles de caoutchouc et de plastique, ainsi que les bombes assourdissantes.

Depuis la fin de la manifestation, plusieurs témoignages recueillis sur les réseaux sociaux dénoncent des actions de violence extrême déployées par la Sûreté du Québec à l’endroit des manifestants. La tenue d’une enquête indépendante, demandée par le député de Québec Solidaire, Amir Khadir, pourrait permettre de faire la lumière sur la responsabilité du corps de police dans la tournure tragique des événements du 4 mai.

Des équipes de presse ont été la cible des policiers, selon le témoignage en direct de CUTV.

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Lire aussi: Congrès du PLQ à Victoriaville - La société civile en colère
 

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