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Un pont de 100 millions pour quelques arpents d’asphalte

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Une visite de la rivière, guidée par Mikaël Rioux, a permis aux participants de constater les impacts environnementaux que causerait la construction du pont.
Photo: Stéphane Poirier
Trois-Pistoles —

Depuis plusieurs décennies, on promet une autoroute 20 dans l’est du Québec pour relier Cacouna à Rimouski, dans le secteur du Bic. Des travaux préparatoires sont entamés, et les citoyens remettent en question la construction d’un pont chevauchant la rivière Trois-Pistoles située à quelques kilomètres de la ville du même nom, dont les coûts sont estimés à 100 millions de dollars. Le ministère des Transports du Québec évalue aussi la possibilité d’élargir la route 132 à partir de Trois-Pistoles jusqu’au Bic. Pourquoi ne pas commencer l’amélioration de la 132 avant la rivière et éviter la construction de ce pont? C’est une des propositions suggérées par les membres de la vigile citoyenne «Le pont de la 20, "Ça tient pas debout!"», qui ont convié les citoyens à un échange le 25 août dernier à l’Auberge de la rivière.

Cette option d’amélioration de la route 132 a été l’objet d’une annonce en mai, en plus des trois autres tracés d’autoroute (Nord, Centre et Sud) qui avaient été proposés pour le tronçon Trois-Pistoles-Bic. Pour les membres de la vigile citoyenne, cette annonce a justifié leur remise en question de façon publique du prolongement de l’autoroute 20 pour le secteur de la rivière Trois-Pistoles tout particulièrement. La construction d’un pont à quatre voies au-dessus de la rivière pour rejoindre la route 132 à Trois-Pistoles quelques kilomètres plus loin est pour eux «un non-sens», et il y aurait beaucoup mieux à faire avec 100 millions de dollars.

Plan des variantes de tracé étudiées, proposées par le ministère des Transports. Le pont ferait partie du tracé Nord de l’autoroute. L’amélioration de la route 132, si adoptée, commencerait à la section E, mais les vigilants demandent qu’elle commence avant la rivière, située dans la section CD.
Source: Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec (Rapport d’analyse environnementale 2006).

Une cinquantaine de personnes ont pu assister à l’échange et se dire «en faveur d’un moratoire sur la construction du pont enjambant la rivière Trois-Pistoles», dans le but de mieux étudier les impacts qu’engendreraient les infrastructures d’une nouvelle autoroute. Impacts environnementaux, mais aussi économiques et même touristiques: qu’arrivera-t-il aux nombreux commerçants situés sur le bord de la route 132 si une nouvelle autoroute monopolisait le trafic?

«Il faudrait sortir de cette dépendance [du pétrole] et aller vers l’électrification des transports», s’enflamme Mikaël Rioux, président du festival environnemental Échofête. «Au Québec, on a encore la vieille mentalité de construire des autoroutes qui favorisent l’utilisation de l’auto solo, qui va à l’encontre du transport collectif, du cabotage, de la voie ferrée qui pourraient être beaucoup plus utilisés», ce qui réduirait aussi le transport des marchandises par camion qui «usent prématurément les routes», ajoute-t-il.

Conflit d'intérêts

En exigeant un moratoire, les membres de la vigile et les participants de l’échange espèrent que le ministère des Transports attende «la fin des analyses et la publication du rapport concernant le tracé choisi pour la section Trois-Pistoles-Bic avant d’entreprendre les démarches au sujet du pont», et ce, même si des travaux de déboisement préparatoires ont déjà été entamés. Il est aussi ressorti de l’échange que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avait fait des recommandations dans un rapport déposé en 2006, recommandations qui, selon la vigile, n’avaient pas été suffisamment prises en considération par le ministère. Les vigilants et les participants demandent donc au ministère de «revoir ses positions au sujet du rapport du BAPE», concernant la section de la rivière plus précisément.

Les vigilants s’inquiètent aussi du fait que les sous-contrats sont confiés aux firmes de génie, faisant en sorte que les analyses des travaux sont effectuées par des compagnies privées. Selon M. Rioux, cela peut amener des conflits d’intérêts en ce qui a trait à la justification des projets d’infrastructure, dont l’appel d’offres pour le pont est prévu sortir cet automne. C’est pourquoi le groupe réclame «que les analyses soient effectuées par le Ministère des Transports lui-même plutôt que par une firme d’ingénierie externe».

Un pont aux pieds d’argile

Avant l’échange à l’Auberge, une visite de la rivière, guidée par Mikaël Rioux, a permis aux participants de constater les impacts environnementaux que causerait la construction du pont. C’est surtout le problème de déboisement et d’érosion des sols qui préoccupe le militant, en plus de l’altération du patrimoine paysager que cela engendrerait: «Les piliers sont installés dans des zones très instables, donc fort probablement qu’il va y avoir des glissements de terrain», car la vallée est constituée d’«argile sensible de la mer de Goldthwait», qui date de l’époque post-glaciaire (14 000 ans).

M. Rioux explique qu’une coupe forestière ou une tranchée dans ce sol argileux est suffisante pour que l’eau qui tombe sur le sol fasse fondre le sel contenu dans la «glaise». D’après lui, cela produit un effet de «tapis roulant, ça occasionne des glissements de terrain énormes». Les sédiments finiraient par s’amasser dans la rivière et nuire entre autres à l’habitat du poisson, et pourraient même «bloquer la rivière complètement», précise M. Rioux.

Sébastien Rioux, membre de la vigile citoyenne, espère «que les autorités vont "allumer" à quel point ça constitue une aberration et qu’il faut mettre un stop pour le moment à tout ça pour bien réfléchir». Aux dires d’Audrey Plouffe, coporte-parole de la vigile avec Maurice Vaney, le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis, ainsi que les candidats libéral Jean D’Amour et péquiste Michel Lagacé semblent ouverts aux demandes de la vigile. En prenant en considération cet appui potentiel de leur part, «Le groupe demande aux différents candidats et candidates de s’engager, s’ils sont élus, à intervenir en ce sens auprès du ministère des Transports».

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Pour en savoir plus :

Site web de la vigile citoyenne «Le pont de la 20, "Ça tient pas debout!"»

Prolongement de l’autoroute 20 entre Cacouna et Rimouski, secteur du Bic (site web du ministère des Transports)

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