***
CECI EST L'ANCIEN SITE DU JOURNAL ENSEMBLE.

LISEZ NOS PLUS RÉCENTS ARTICLES SUR LE NOUVEAU SITE: WWW.ENSEMBLE.COOP

Bonne journée!

Témoignage

Je suis un pétrolique [vidéo]

  • strict warning: Declaration of views_handler_argument_many_to_one::init() should be compatible with views_handler_argument::init(&$view, $options) in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/views/handlers/views_handler_argument_many_to_one.inc on line 169.
  • strict warning: Declaration of date_handler_field_multiple::pre_render() should be compatible with content_handler_field_multiple::pre_render($values) in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/date/date/date_handler_field_multiple.inc on line 185.
  • strict warning: Declaration of views_handler_field_user_name::init() should be compatible with views_handler_field_user::init(&$view, $data) in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/views/modules/user/views_handler_field_user_name.inc on line 61.
  • strict warning: Declaration of views_plugin_style_default::options() should be compatible with views_object::options() in /var/alternc/html/f/ftm/drupal-6.9/sites/all/modules/views/plugins/views_plugin_style_default.inc on line 24.

C'est accompagné de plusieurs autres pétroliques que Jason Rivest, porte-parole des Pétroliques Anonymes, a livré son témoignage à la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, le 25 septembre 2013, à Rimouski.
Photo: Nicolas Falcimaigne
Rimouski —

Je m'appelle Jason et je suis un pétrolique. C'est par ce terme que je fais référence à ma dépendance au pétrole. J'ai commencé jeune. Ce sont mes parents qui m'y ont habitué. Ce n'est pas vraiment leur faute, ils ne pouvaient pas savoir. C'est le monde dans lequel on vit. Il faut regarder les choses en face. Nous sommes tous dépendants du pétrole. Nous sommes tous pétroliques. Tel que vous me voyez, j'ai 30 ans et je n'ai jamais eu d'auto. Je n'ai jamais, même, appris à conduire. Mais je suis un pétrolique quand même.

Quand je vais visiter ma famille à Montréal, je me trouve un lift. Je ne peux pas me rendre sans pétrole (sauf une fois, en 2011, j'ai fait la route à pied, mais ça m'a pris 34 jours). Ce soir, je suis venu de Rivière-du-Loup, en voiture, avec des amis. Sans pétrole, je n'aurais pas pu venir vous parler de ma dépendance au pétrole.

Je suis dépendant du pétrole pour me nourrir. Le pétrole est utilisé pour le transport des aliments et pour leur production aussi. Sans compter les emballages de polystyrène et plastique qui vont direct à la poubelle après leur bref usage. Je suis dépendant du pétrole pour me vêtir, pour la production de fibres naturelles comme le coton, pour la fabrication de fibres synthétiques comme le polyester et pour leur transport bien sûr. Tous nos biens de consommation courante sont acheminés d'un endroit à un autre par camion, ou même par avion. Le plastique est bien sûr omniprésent dans ma vie comme dans celle d'à peu près tout le monde. Mon rasoir, mon ordinateur, mon téléphone, mon ventilateur, mon réveille-matin, mon balai, ma corbeille, ma lampe, ma brosse-à-dent... Je pourrais continuer longtemps comme ça.

Lire aussi: Vers un Québec pétrolier? [vidéo]

Le pétrole, c'est un peu comme une drogue. Quand on s'en sert, ça nous donne un rush. Il nous donne de la vitesse. Il nous donne un sentiment de puissance et de liberté.
 
Il y a aussi des effets secondaires négatifs pour la santé, à cause de la pollution de l'air que provoque son utilisation, de la pollution de l'eau lors de déversements; à cause aussi des changements climatiques qu'il devient impossible de nier et, bien sûr, de la dépendance qu'il crée et qui nous amène, en quelque sorte, à voir ces désagréments comme un mal nécessaire. On n'aurait pas le choix.
 
Mais le pétrole existe en quantité limité. Qu'arrivera-t-il s'il vient à en manquer, et que nous ne sommes pas prêts? Le Québec est-il préparé à l'éventualité d'une pénurie?
 
Personne ne s'attend à ce que le Québec, du jour au lendemain, ou même dans l'espace de quelques années, mette un terme à sa consommation de pétrole. Ce n'est pas possible aujourd'hui, et ce ne sera pas plus possible dans vingt ans. Il faut que ça se fasse graduellement. C'est le défi d'une génération.
 
Je ne prétends pas avoir toutes les solutions. De meilleurs têtes que la mienne devront se pencher pour établir un plan ambitieux mais réaliste. Le Québec a un avantage marquant: notre électricité, pour la majeure partie, ne dépend pas des combustibles fossiles. Il est peut-être logique pour d'autres pays de faire transition par le nucléaire ou le gaz naturel, mais au Québec, ce n'est pas nécessaire. On peut se concentrer sur les énergies renouvelables. En région, on peut encourager l'installation de panneaux solaires et de petites éoliennes domestiques, pour enlever de la pression sur Hydro-Québec.
 
Généralement,  on pourrait revoir les plans d'urbanisation, densifier, rapprocher les gens de leurs lieux d'activités. Favoriser le transport actif. Améliorer l'offre de service du transport en commun dans les villes et entre les villes. Le rendre plus pratique, plus confortable, et moins dispendieux, comparé à la voiture.
 
On peut s'inspirer des campagnes anti-tabac. De la même manière que les compagnies de cigarettes ne peuvent plus faire de publicité au Québec depuis des années, la même restriction pourrait être faite auprès des concessionnaires automobiles. Les seuls véhicules annonçables seraient les véhicules hybrides ou électriques. Les autres véhicules seraient quand même disponibles chez le concessionnaire, mais on cesserait d'en vanter les mérites à la télévision.
 
On peut encourager et faciliter l'agriculture locale, les jardins communautaires et les jardins des particuliers (tellement plus beaux et plus utiles que le gazon!), de même que les marchés publics. Combien de temps une ville peut-elle fonctionner sans livraison de nourriture?
 
Il serait très difficile de concevoir que la transition puisse passer par de nouvelles infrastructures d'exploitation et de transport du pétrole québécois. Il ne faut pas se laisser aveugler par l'appât du gain ou les solutions faciles à court terme. Si j'étais dépendant de l'héroïne, on me proposerait une cure de désintoxication, pas de produire ma propre héroïne pour sauver des sous, et même en revendre! Déjà junkie, le Québec deviendra-t-il pusher
 
Je ne peux pas faire une cure de désintoxication par moi-même. Le pétrole prend trop de place, il faudrait que je me coupe entièrement de la société. Et même cela ne me protégerait pas des effets secondaires qui existent à l'échelle globale.
 
Le problème est collectif, et la solution ne peut être que collective. Je ne peux me libérer de ma dépendance au pétrole que si le Québec au complet fait une cure de désintoxication. On a besoin d'un plan à 12 étapes. La première, c'est de reconnaître qu'on a un problème.
 
Je m'appelle Jason, je suis un pétrolique. Je n'arriverai pas à m'en sortir tout seul. J'ai besoin de votre aide. S'il-vous-plaît, aidez-moi.
 
Jason Rivest, porte-parole
Pétroliques Anonymes

1028 mots

Commentaires

Première rencontre "d'assemblée" de Pétroliques Anonymes!

Vous avez apprécié mon témoignage, vous aimeriez vous impliquer dans le mouvement contre l'installation du pipeline Énergie-Est, qui transportera 1,1 millions de barils de pétrole lourd issu des sables bitumineux de l'Alberta. Nous invitons à nous rejoindre au local B169 du cégep de Rivière-du-Loup ce jeudi 18h45 pour une première rencontre «d'assemblée» de Pétroliques Anonymes. Le but principal de cette rencontre : achever l'organisation d'une soirée d'information sur le pipeline qui prendre place le 7 novembre prochain.

Nous sommes tous dépendant du pétrole aujourd'hui, mais il n'y a pas de raison pour que ça soit toujours le cas! Mais c'est dès aujourd'hui qu'il engager la transition!

Nous vous remercions de votre support. À jeudi!

on est tous dans le même bateau

Très bon témoignage Jason.  Tu as raison sur toute la ligne. J'aime ton humilité et ta franchise.  Nous sommes tous, ici sur Terre, exactement comme toi.  Dans la même situation de dépendance. Mais il y en a qui en sont conscients, alors que d'autres ne sont pas rendus là.

Peut-être est-ce cela que ça prend pour que les humains réalisent qu'on est un, qu'on fait partie d'un tout et que c'est ridicule et arriéré de ne penser qu'individuellement, narcissiquement, chacun dans sa bulle, chacun séparément.  On est tous affectés par les pensées, les choix et les actions des autres. Parce qu'on est les autres.  

Tout comme les organes vitaux de notre corps ne peuvent fonctionner seuls et dépendent les uns des autres.  Notre corps serait bien dans le trouble si tout à coup le coeur décidait de ne penser qu'à lui tout seul, ou les reins, ou les poumons...être indépendant et ne faire qu'à sa guise.

«Le problème est collectif, et la solution ne peut être que collective.»  On doit aller vers le changement ensemble.  Si non, on cours vers notre perte.  ''Ce que l'humain refuse d'apprendre par la sagesse, il l'apprendra par la souffrance''.  

Le Québec est dans une position particulièrement choyée, quand aux ressources énergétiques, comparé à bien des endroits sur la planète. On a l'hydroélectricité (transport), le vent (éoliennes), du soleil (énergie solaire), de l'eau (hydrogène), on peut aussi utiliser la géothermie, tout en focussant sur l'économie d'énergie avec des habitations conçues et rénovées en conséquence...

Le Québec a des génies qui ont conçu le moteur roue...Bombardier est l'as de la fabrication de trains, on peut se bâtir un système de transport électrique fait chez nous: le monorail électrique.  Aye, ça va en créer des emplois québécois ça! On est prêts pour l'électrification des transports, un réseau qui couvre toute la province et pourrait même éventuellement s'étendre au reste du pays.

Y a tellement de possibilités...''the sky is the limit''.  Le PQ, vous êtes des dinosaures, avec votre projet d'amener le pétrole des sables bitumineux par Pipeline d'Enbridge provenant d'Alberta, vos rêves d'exploitation de pétrole et de gaz dans le Golfe St-Laurent, à Anticosti et à Gaspé. Vous voulez faire régresser le Québec, en le maintenant dans un siècle dépassé.  Vous voulez retourner 100 ans en arrière, recommencer la fièvre de la découverte de l'or noir...vous êtes à côté de la traque, pas à peu près! Arrêtez donc 2 minutes, pour écouter le peuple.  Vous n'écoutez que le lobby du pet-gaz.  Qui vous a élus? on s'en rappelle déjà plus au Parlement...???

Moi aussi

J'aime ton angle particulier d'aborder un sujet délicat
(beaucoup d'emplois sont en jeu...)

Moi aussi je suis un pétrolique anonyme (et récalcitrant).

Tu dis :
«Le problème est collectif, et la solution ne peut être que collective.»

Oui le problème est collectif,
oui la solution ne peut être que collective,
mais pour fonctionner, la solution doit résoudre la cause
et la cause, elle, n'est pas collective.

En fait la cause en question n'est pas un enfant de coeur,
elle ne s'en ira pas de son plein gré.

En plus de nous sevrer nous-même de notre dépendance au pétrole,
nous devrons sevrer le pusher de sa dépendance à notre argent.

On aura tous besoin d'aide, d'entraide...

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de s'assurer que vous êtes un utilisateur humain et non un logiciel automatisé de pollupostage.