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Organismes génétiquement modifiés

Dans 400 villes, on a marché contre Monsanto

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«Étiqueter les OGM», demandent ces deux manifestants.
Photo: Marie-Christine Aubin
Québec —

Dans le cadre de la Semaine mondiale de l’alimentation, c’est sous un soleil radieux qu’environ 130 citoyens se sont rassemblés le samedi 12 octobre à la Place d’Youville à Québec, pour dénoncer les pratiques de l’entreprise multinationale Monsanto. L’événement convivial, organisé par les Amis de la Terre de Québec (ATQ), faisait partie d’une mobilisation, touchant plus de 400 villes dans le monde, pour l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM) et le principe de précaution. La marche est passée devant l’Assemblée Nationale et les bureaux du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Le mouvement est une initiative d’Occupy Monsanto, un groupe d’Indignés américains qui s’oppose à l’expansion de la multinationale sur le marché alimentaire mondial.

En tête de l’industrie agroalimentaire mondiale avec un chiffre d’affaires de 14,86 milliards $, Monsanto développe environ 90% des semences génétiquement modifiées sur le marché international et des systèmes agricoles intégrés.

Le Canada, 5e producteur mondial

Le Canada est dans le top 5 des pays producteurs d’OGM, après les États-Unis, le Brésil, l’Argentine et l’Inde. Canola, soja et maïs-grain sont les principales cultures génétiquement modifiées (GM) chez nous, qui servent principalement à nourrir le bétail.

Le gouvernement du Québec se fait rassurant en disant qu’aucun fruit ou légume GM ne se retrouve dans nos épiceries. Il donne même une astuce pour détecter les produits GM: «Les fruits et légumes cultivés de façon conventionnelle ont un code à quatre chiffres (XXXX). Les produits biologiques ont un code à cinq chiffres - le premier chiffre est un 9 (9XXXX). Les produits transgéniques ont un code également à cinq chiffres - le premier chiffre étant un 8 (8XXXX). À ce jour, le seul fruit GM commercialisé et susceptible d’être codé par un nombre débutant par 8 est une papaye cultivée aux États-Unis (Hawaï).»

En plus du déchiffrage des codes, la certification biologique est la principale garantie de ceux qui ne veulent pas d’OGM dans leur assiette au Québec. Selon le Réseau Vigilance OGM, 62 pays ont adopté une réglementation nationale d’étiquetage obligatoire.

Souveraineté alimentaire et brevetage du vivant

Les manifestants s’opposent à la prise de contrôle du vivant par des intérêts privés. Monsanto brevète chacune de ses semences génétiquement modifiées et «les agriculteurs signent une entente interdisant de ressemer les graines l’année suivante», explique Dominique Bernier, porte-parole des ATQ. Ces restrictions sont légales mais très controversées, pour des raisons éthiques rapportées notamment dans l’enquête de la journaliste française Marie-Monique Robin en 2008, Le monde selon Monsanto.

Les manifestants sur Grande-Allée à Québec.
Photo: Serge Roy

L’entreprise d’agrochimie dit comprendre l’inquiétude des opposants, mais maintient qu’elle permet de réduire la faim dans le monde en développant des méthodes agricoles et des semences plus efficaces, utilisant moins d’eau et étant plus résistantes aux maladies.

Pourtant, certains insectes et «mauvaises herbes» s’adaptent au produit, et d’autres sont durement affectés par le Roundup Ready (comme les abeilles). Il y a aussi un risque d’impossibilité de non-retour une fois que les gênes modifiés sont croisés avec les gênes non modifiés.

Les OGM reçoivent le Prix mondial de l’alimentation 2013

Trois employés de Monsanto ont reçu cette année le Prix mondial de l’alimentation (assorti d’une bourse de 250000$), une récompense mise en place en 1986 par le père de la Révolution verte, Norman Borlaug (prix Nobel de la paix en 1970). Ce prestigieux prix reconnaît «une contribution significative et mesurable à l’augmentation des stocks mondiaux de nourriture». La Révolution verte est une politique agro-technologique mise en place il y a 40 ans, visant à développer l’agriculture industrielle dans les pays en voie de développement. La remise de ce prix à des agrochimistes pro OGM a semé la suspicion auprès de l’opinion publique américaine, car la fondation qui l'administre a reçu une contribution de 5 millions $ de la part de Monsanto en 2008.

Obstruction à la recherche

«Actuellement, faire une recherche indépendante sur la question nécessite d’obtenir des semences auprès de Monsanto, qui fait signer une entente afin qu’elles servent uniquement à l’agriculture», explique Dominique Bernier. «Le biologiste moléculaire Gilles-Éric Séralini (devenu célèbre en 2012 pour sa seconde étude indépendante) a obtenu ses semences illégalement auprès d’un organisme québécois de biotechnologies. Se lancer dans la question des OGM est suicidaire pour un jeune chercheur.», ajoute-t-elle. La communauté scientifique estime que l’état de la recherche sur les OGM n’est ni suffisante ni concluante en soi.  

Québec en faveur de l’étiquetage

Tous les partis politiques provinciaux se sont prononcés en faveur de l’étiquetage obligatoire. En 2007, un sondage révélait que 86% des Québécois y étaient favorables. La principale raison évoquée pour expliquer l’absence de réglementation est son coût et le fait qu’il est préférable de s’arrimer avec Ottawa. Cette inaction fait bondir les écologistes, dont Éric Darier, l’ancien directeur de Greenpeace Montréal qui, en 2007, avait signé un article dans Le Devoir intitulé Les OGM, y a-t-il un capitaine à bord?

 

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