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Consultation sur le journalisme indépendant

Le feu sacré dans le blizzard

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Les journalistes de CBC North (ici Sandy Tooma), basés à Kuujjuaq, sont seulement deux pour couvrir l’immense territoire du Grand Nord. Ils font appel à des correspondants à la pige dans les communautés, souvent des aînés, qui leur fournissent des informations par téléphone.
Photo: Nicolas Falcimaigne
Mashteuiatsh —

Ce n'est pas un cliché. Dans toutes les régions du Québec, se dégage le sinistre portrait de journalistes indépendants vivant de l'isolement, un manque de ressources, une précarité et des conditions de travail indignes de la responsabilité cruciale qu'ils exercent pour le fonctionnement de la société démocratique. Le maillon qui tient la chaîne de l'information entre le public et les faits n'a jamais été si faible et négligé dans l'histoire récente du Québec.

«Tout le monde est isolé, avec des conditions précaires, s'alarme Nathalie Deraspe, qui était, lors de notre passage à Saint-Jérôme, présidente de la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), membre de son conseil d'administration et rédactrice en chef du magazine Flèche. La crise est telle que tout le monde veut sauver sa peau. On devient de plus en plus individualiste. Les gens sont débordés. Quand arrive le soir, ils ne veulent surtout pas entendre parler de journalisme, parce que le métier les frustre. C'est pas une fierté parce que tu es bafoué constamment, tu le fais par conviction parce que tu aimes ça, mais c'est ingrat.»

Manque de moyens

Isabelle Fortin-Rondeau, présente à la rencontre de Rouyn-Noranda, illustre l'étendue immense du territoire à couvrir pour les rares journalistes de la région: «Pour tout couvrir, il faut travailler 60 heures par semaine. Sinon, il faut choisir, et on pourrait supposer que les sujets plus sensibles ou plus controversés sont mis de côté et que les sujets plus consensuels sont privilégiés».

Quelques centaines de kilomètres au Sud, à Mont-Tremblant, le journaliste Maxime Coursol travaille pour Québecor. «À L'Information du Nord, où je suis, nous sommes deux journalistes et demi pour faire un journal de 72 pages qui couvre un très vaste territoire.» Cette petite équipe produit entre 40 et 50 textes par semaine pour «remplir le journal».

Contrats abusifs et précarité

Au Lac-Saint-Jean, Guillaume Roy se présente comme un des rares pigistes, sinon le seul de la région. Il profite de la consultation de Mashteuiatsh, près de Roberval, pour dénoncer le contrat que TC Media a tenté d'imposer au début de l'hiver 2013. «Je suis chanceux: je n'ai aucun contrat avec TC Media, mais je trouve ça odieux comme contrat, de céder tes droits pour la planète pour toute la vie.» Pour illustrer l'importance des droits d'auteurs, il explique toucher régulièrement des droits de republication. «Si tu donnes tes droits, c'est de la job que tu viens de te couper à toi-même, ou à d'autres personnes dans l'avenir, ajoute-t-il, en précisant qu'il faut se faire respecter. Je me suis fait offrir des tarifs ridicules: 25$ le feuillet, 30$ ou 40$. Je ne les prends pas. Je préfère mettre mes énergies ailleurs, dans d'autres projets.»

Le même type de contrat était courant chez Québecor depuis plusieurs années, selon d'autres sources, et depuis le rachat des hebdos de ce groupe par TC Media en décembre dernier, TC détient dorénavant un monopole qui fait craindre un grand nombre de mises à pied et une détérioration des conditions des journalistes qui resteront, qu'ils soient pigistes ou salariés.

Accès à l'information

Les autorités et institutions semblent respecter de moins en moins le droit des journalistes d'avoir accès aux événements et aux informations. Olivier D. Asselin, vidéojournaliste de Montréal, parle des «matraques de la police qui essaie de te tasser quand tu essaie de prendre ta shot et que tu te fais revirer avec du poivre de cayenne et des coups de matraque dans les côtes. Oui, ça c'est ce qu'on appelle une entrave à ton travail journalistique».

Pour Daniel St-Pierre, propriétaire de CIEL FM, radio indépendante à Rivière-du-Loup, la situation a beaucoup changé en moins de dix ans. «Tu pouvais prendre le téléphone, appeler le directeur des services techniques de la ville de Rivière-du-Loup et lui demander une entrevue. Aujourd'hui, si tu ne passes pas par le service des communications, ces gens-là vont t'y référer», une voie sans issue, déplore-t-il.

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