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Manifestation contre la brutalité policière

Répression policière, bavure médiatique

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Près de 300 personnes ont été encerclées dans les minutes qui ont suivi le rassemblement de samedi.
Photo: Boris Tuleman via Marco Simonsen-Sereda / @blogocram
Montréal —

Lors d’une conférence de presse convoquée plus de 48 heures avant la 18e manifestation du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), le commandant aux communications du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Ian Lafrenière, se présentait devant les journalistes pour les informer du fait qu’aucun itinéraire n’ayant été remis pour la manifestation du 15 mars, celle-ci serait illégale en vertu du règlement p-6. Plutôt que de situer l'événement dans son contexte, les médias ont relayé massivement cette déclaration publique du SPVM, évoquant les événements des années précédentes pour inférer que la manifestation serait probablement violente.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site Internet du Devoir, une centaine d'enseignantes et enseignants dans des cégeps et des universités de Montréal s'inquiètent de voir que «la police s’invite dans l’espace médiatique pour manipuler l’opinion publique en oblitérant, par un discours bien rodé, (...) la raison d’être de la manifestation» et déplorent que l'on ne puisse plus «dénoncer la brutalité policière sans en être soi-même la cible».

Près de 300 personnes ont été encerclées dans les minutes qui ont suivi le rassemblement de samedi, le SPVM ayant appliqué promptement un règlement municipal qui fait actuellement l’objet d’une contestation constitutionnelle.

Rappelons que le SPVM a procédé à plusieurs centaines d’arrestations semblables depuis 2012. Un recours collectif contre la ville de Montréal a d’ailleurs été autorisé en septembre dernier par la Cour supérieure du Québec concernant l’arrestation de masse du 23 mai 2012 et six autres ont été présentés en octobre concernant des souricières déployées en 2013.

La pratique d’arrestations massives à Montréal avait été condamnée par le comité des droits de l’homme de l’ONU dès 2005.

Revendications occultées

Quelques heures après la conférence de presse du SPVM du 13 mars, une dépêche de la Presse canadienne affirmait que la «manifestation a systématiquement dégénéré en affrontements et en méfaits de toutes sortes depuis quelques années», même si elle «n'a pas toujours donné lieu à des arrestations».

«Les autorités policières déplorent que des groupes de casseurs utilisent cet événement pour se livrer à des méfaits, éclipsant le message des manifestants légitimes», concluait l'agence de presse.

À la veille de la manifestation, c’est plutôt l’éventualité de troubles de la paix, anticipés par le SPVM et montés en épingle dans les médias, qui occultaient les revendications du COBP.

Sur le site internet du collectif, on trouve pourtant un dossier complet sur le 15 mars, incluant un communiqué indiquant l’heure et le lieu de rassemblement, et précisant que la manifestation s’inscrivait sous le thème de la lutte contre «la militarisation de la police, ses abus et l'impunité dont elle bénéficie grâce à la complicité du gouvernement».

Pratiquement aucun média n’a cité directement le COBP, exception faite de La Presse qui a précisé que le COBP n'accordait «aucune entrevue aux médias de masse».

Marco Simonsen-SeredaPhoto: Boris Tuleman via Marco Simonsen-Sereda / @blogocram

Le 14 mars, le journal 24h rapportait qu’un «important effectif policier [serait] déployé pour la manifestation contre la brutalité policière», considéré comme le «plus gros événement de l’année» pour la police.

Le journal Métro relevait quant à lui que le nombre d’arrestations lors de la manifestation annuelle «a grimpé de 203 %» et que «la police a arrêté en moyenne 243 personnes» chaque 15 mars depuis 2011.

Au matin du 15 mars 2014, il n’était fait mention nulle part de la mort d’Alain Magloire, décédé sous les balles du SPVM, le 3 février dernier ou de Donald Ménard, décédé suite à une intervention policière en novembre 2013 à Montréal. Un entrefilet dans La Presse faisait plutôt état d’un «quartier aux aguets», indiquant que les «commerçants et résidants de ce secteur paisible [espéraient] échapper aux débordements habituels».

Manifestation étouffée

Le radio-journal de 8h à Radio-Canada annonçait la manifestation du COBP prévue pour 15h. Dès 15h30, La Presse Canadienne rapportait que la manifestation avait «été déclarée illégale quelques minutes après avoir commencé».

CBC soulignait l’intervention rapide de la police antiémeute et de la police montée et insistait lourdement sur l’historique de «vandalisme et même de violence» de la manifestation qui a vu la police intervenir par le passé avec des grenades assourdissantes et des arrestations de masse.

Au télé-journal de 18 h, Radio-Canada indiquait que la manifestation avait été «rapidement maîtrisée», tout en rapportant qu’il «n'y a pas eu beaucoup de grabuge».

«Mis à part un camion de Radio-Canada qui a été couvert de graffitis et dont le pare-brise a été brisé, les commerces avoisinants ne semblaient pas avoir souffert de vandalisme», confirmait La Presse, soulignant que la marche est «connue pour être le théâtre d'affrontements parfois violents».

En fin de soirée, une dépêche de La Presse Canadienne ne s’appuyant que sur une seule source, soit le porte-parole du SPVM, Laurent Gingras, rapportait que la police avait «choisi d'intervenir immédiatement "pour des raisons stratégiques et en raison de l'historique du mouvement"».

Une dépêche subséquente de La Presse Canadienne citait deux manifestants dénonçant «ce délire sécuritaire où on en est rendu à accepter, par prévention, que l'on fasse une forme de propagande» et «cette forme de répression» qui prive les manifestants de leur liberté d’expression.

La dépêche concluait que les «usagers du métro ont par ailleurs brièvement subi les contrecoups de cette manifestation», en raison d’une interruption de service de 11 minutes au métro Jean-Talon.

Dans un communiqué émis par le COBP quelques heures après la manifestation, on pouvait lire que «le SPVM a encore une fois démontré qu’il est incapable de tolérer les manifestations contre sa brutalité et l’impunité policière (…). La démonstration répressive de cet après-midi démontre aussi que (…) c’est toujours la police qui décide qui a le droit de manifester et quand, comme dans un véritable État policier. »

Les signataires de la lettre ouverte publiée dans le Devoir jugent pour leur part que «le silence complice de la quasi-totalité de la classe politique municipale et provinciale, des grands médias et des intellectuels est choquant et préoccupant».

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