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Sommet international des coopératives

Les coopératives, dernier rempart contre le capitalisme? [radio]

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«Là où je suis venue chercher de la coopération et de la différenciation, un modèle qui pourra prendre le relais après la chute du capitalisme, je m’aperçois que l’on est justement dans le modèle néolibéral.» - Anne-Laure Desgris, co-directrice de la coopérative Oxalis, en France.
Photo: Nicolas Falcimaigne
Québec —

Le discours prononcé hier dans le cadre du Sommet international des coopératives 2014 par Robert J. Shiller, professeur à Yale et prix Nobel d’économie, présente la coopération (financière) comme un moyen de civiliser le capitalisme. Cette vision n'a pas manqué de faire réagir une partie de l'auditoire.

C’est devant un auditoire de plus de 2000 personnes que M. Shiller est venu parler d’économie et de coopération. Pendant un peu plus d’une demi-heure, il a étayé sa vision de l'économie et des coopératives: «une des tendances qui se dessine, c’est la démocratisation des finances», tout comme «la bourse publique a démocratisé la finance», a-t-il affirmé.

«Il est important de faire des expériences avec de nouvelles formes d’entreprises, a expliqué le chercheur. D’autres formes d’institutions peuvent apparaître dans l’avenir». Ce qui guide les actions des humains est selon lui «le principe de réciprocité. Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse», illustra-t-il.

Réfutant l'idée que les coopératives sont plus résistantes aux crises, il a expliqué que «nous avons un système qui encourage les meilleures initiatives. Ce qui s’est produit dans la crise financière, c’est que les gens voulaient ralentir, mais ils ne pouvaient pas, comme une voiture en marche qui ne peut reculer s’il n’y a pas de conducteur».

Ce discours a fait réagir l'auditoire, notamment une participante qui s'est exprimée sur le mot-clic #SICOOP14, où le public était invité à poser des questions à l'invité.

On est dans le modèle néolibéral

C'est un tout autre son de cloche qu'a donné Anne-Laure Desgris, co-directrice de la coopérative Oxalis, arrivée de France pour participer au Sommet. Elle n’en revient tout simplement pas de ce qu’elle a entendu. «Là où je suis venue chercher de la coopération et de la différenciation, un modèle qui pourra prendre le relais après la chute du capitalisme (même si cela peut faire rire), je m’aperçois que l’on est justement dans le modèle néolibéral.» Sa coopérative explique dans un billet de blog ce conflit de valeurs.

Est-ce qu’elle se reconnaît dans ce discours? «Il est hétéro-normé, dominant, blanc, masculin… non, bien sûr que je ne peux pas me reconnaître là-dedans. Alors que l’on ouvrait le Sommet devant plus de 90 nations, le lendemain, on a autour de la table principale des hommes du même âge qui représentent une forme économique qui n’est pas la mienne. Je veux passer mon énergie à rassembler autre chose et autrement.»

D’après Mme Desgris, «la finance est un moyen, ce n’est évidemment pas la fin, sinon cela s’appelle le modèle libéral, point! Et il n’y a pas de problème, c’est le modèle dominant et ils ont encore un peu d’avenir devant eux. En ce qui me concerne, si je dois avoir un groupement financier, c’est dans un but de transformation sociale, pas une fin en soi - cela se nomme le capitalisme. La coopération, ce doit être en lien avec un projet politique de personnes, de regroupements de personnes. La coopérative ne protège pas des dérives de la finance et des jeux de pouvoir, ce n’est un meilleur modèle, salvateur, que s’il est au service d’une cause politique au sens noble du terme».

574 mots

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Merci pour cet article stimulant qui a le mérite d'animer le débat sur le coopératisme et de nous sortir d'une pensée un peu trop simpliste et jovialiste sur ce sujet. Historiquement, les coopératives ne se sont pas créées contre le capitalisme. Au contraire elles l'ont accompagné et favorisé, en offrant à de larges franges de population la possibilité d'acquérir et de développer un capital - financier, foncier, agricole, industriel - détenu individuellement et géré collectivement. Possibilité qui leur était interdite pour diverses raisons conjoncturelles ou structurelles, socio-économiques ou politiques.

Certes, le modèle coopératif a indéniablement séduit beaucoup de projets politiques d'inspiration marxiste et socialiste (propriété collective des moyens de production) et plus récemment, des mouvements alternatifs se réclamant de l'anticapitalisme, à la recherche d'une mythique 3ème voie.

Je pense quant à moi que les initiatives coopératives et mutualistes, qu'elles soient petites, moyennes ou très grandes, ne peuvent fonctionner que dans un cadre d'économie de marché et dans un écosystème local où il existe déjà des conditions d'accumulation de capital significatives. Robert Shiller ne dit pas autre chose.

Le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel sont de grands acteurs économiques en France et même dans le monde. Même chose pour le Mouvement Desjardins au Québec, Farmers et les Credit Unions aux États-Unis. Néanmoins l'immense majorité des membres, adhérents et mutualistes de ces organisations ne se sent pas un esprit collectiviste, loin de là! De la même manière, dans les pays dits en développement, les initiatives coopératives les plus réussies reposent bien souvent sur l'information et la responsabilisation des acteurs, sur l'esprit d'entreprise, la constitution d'un capital et la propriété, autant de traits d'une économie de marché capitaliste.

Et pourtant... L'apport inestimable des coops et mutuelles et d'apprendre au capitalisme à ne pas céder au court-termisme des dividendes et des actionnaires, de la spéculation. A reconnaître à la collectivité un rôle de premier plan dans l'épanouissement de chaque individu. Il s'agit là d'un paradoxe extraordinaire et d'une grande richesse! Au XXIeme siècle, le coopératisme s'emploie à apporter de nouvelles valeurs au capitalisme...

Quant à Anne-Laure Degris qui étaye ses positions, si j'ai bien compris, en disant qu'il faut disqualifier a priori des idées ou un discours sous prétexte qu'ils sont hétéro-normés, je ne pense pas que cela procède d'un très bon esprit coopératif, pour dire le moins...

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