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Bonne journée!

Lettre ouverte de Christian Bégin sur l'austérité

Au-delà des mots…

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Christian Bégin, comédien, auteur, animateur, citoyen, s'est exprimé sans équivoque lors de la manifestation contre l'austérité, devant les bureaux du ministre Jean D'Amour, samedi dernier.
Photo: Joëlle Gauvin-Racine, archives Ensemble
Saint-Germain-de-Kamouraska —

Voilà qu’encore une fois je me suis laissé emporter. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire de moi. J’y réfléchis… Seul. C’est de l’ordre de l’intime. Aurais-je dû employer d’autres mots? Sans doute… Visiblement. Qu’y a-t-il dans ces mots qui appelle une telle réaction, un tel déversement de fiel? Ça, j’ai envie d’y réfléchir aussi. Cette fois-ci, avec vous… Je crois que ça parle, un peu, de l’état des lieux.

Récapitulons. Le samedi 7 février dernier, à Rivière-du-loup, j’ai participé à une manifestation, appelée par la CSN, contre les mesures d’austérité mises en place par l’actuel gouvernement et qui touchent particulièrement les régions, les gens qui les habitent. Cette manifestation qui a réuni tout au plus 150 personnes se tenait devant les nouveaux bureaux du ministre Jean D’Amour. Il y a eu des allocutions, des prises de paroles. Entre autre, des représentants syndicaux, des travailleuses du milieu communautaire, l’organisatrice du mouvement citoyen «Touche pas à ma région! Bas Saint-Laurent» et moi. Et moi qui m’emporte, comme eux, comme elles, mais avec d’autres mots… Pourquoi? Parce que je suis en colère. Encore? Oui… Ça ne m’empêche pas de vivre au cœur de ce système, d’y travailler, d’y gagner ma vie avec reconnaissance, mais, y’a quelque chose en moi qui ne décolère pas…

En substance, au-delà des gros mots qui ont choqué, j’ai dit que je ne crois pas ce gouvernement quand, pour justifier les mesures d’austérité - et c’est le bon mot, c’est de ça qu’il s’agit, vraiment… - qu’il met déjà en place, il nous dit, avec des airs de bon père de famille, qu’il n’y a plus d’argent dans les coffres de l’État et que nous devons tous et toutes - sans s’inclure dans cet ensemble - nous serrer la ceinture, contribuer à l’effort collectif, faire notre juste part…

Quand le postulat de base est mensonger et qu’on me demande, qu’on demande à mon frère, pour qui j’ai la plus grande admiration, qui enseigne depuis plus de 20 ans avec une dévotion, une passion exemplaire et qui fait une différence dans la vie de ses étudiants, qu’on demande à ces jeunes trentenaires qui reviennent en région, pleins de l’envie, de la force et de l’espoir de les dynamiser, quand on dynamite les élans de ceux et celles qui travaillent jour après jour à bonifier un peu ce monde, à mieux vivre ensemble, en prétextant qu’il n’y a plus d’argent dans les coffres de l’État, ça me choque, oui!

De l’argent en circulation dans le monde, il n’y en a jamais eu autant de toute l’histoire de l’humanité. Cet argent n’est visiblement pas dans les poches de mon frère, à qui on va demander, encore, de travailler plus pour moins… Mon frère dont on est en train de miner l’enthousiasme pour ce métier qu’il a pourtant choisi et qu’il aime profondément. Cet argent est dans les poches de ceux et celles qui nous gouvernent et dans celles de leurs amis/es. Cet argent se multiplie dans les banques, les abris fiscaux, les salaires mirobolants des grands possédants de ce monde. Dans les coffres des grandes compagnies avec lesquelles on prend, en notre nom, des pactes fiscaux en les invitant à dilapider nos ressources, à vider nos régions, sans que nous en tirions vraiment profit et en laissant la place sans dessus-dessous quand vient de temps de partir et d’aller saccager ailleurs…

On me traite en ce moment de «criss de péquiste, de fendant de gauchiste, artiste à marde de parasite sur-subventionné en mal de gloire»… Ça sera pas la première fois. Je ne suis ni libéral, ni péquiste, ni rien de tout ça. Pour moi, l’existence même des partis politiques détourne la démocratie de ce qu’elle doit être. J’en appelle à une véritable et profonde réforme de nos institutions démocratiques. Un vrai ménage. Pour redonner au peuple le vrai pouvoir. Pour que ce soit lui enfin qui décide et non pas cette élite de financiers qui prétend odieusement avoir le soucis du bien commun. Quand on se soucie des autres pour vrai, on ne ment pas comme ça pour, à l’arrivée, préserver ses acquis, pour garder le pouvoir.

Je souhaite que nous cessions d’élire nos maîtres. Que nous nous donnions le pouvoir de dire que ce monde dans lequel on nous propose, on nous impose de vivre ne nous convient pas. Je souhaiterais que nous disions «NON!» au mensonge et «OUI!» au possible et au meilleur de nous. Je rêve d’une assemblée constituante du peuple et d’une constitution écrite par le peuple. Parce que je crois en lui. Je crois en nous. Je suis convaincu que nous savons mieux que ceux qui prétendent nous gouverner ce qui est bon pour nous.

J’ai dit des gros mots, j’en conviens, mais la vraie vulgarité n’est-elle dans la l’ampleur du mensonge auquel on veut nous faire croire…? Je le demande. Il me semble, quand j’écoute le monde autour de moi, qu’il y a un malaise, une impression de plus en plus grandissante que ce système nous condamne à l’échec, voire même nous y conduit aveuglément, sans aucune réelle empathie pour ce que nous sommes. Sans AUCUN souci pour le peuple. Pour nous. On le voit partout dans le monde. Ça se dit dans tous les salons, les corridors d’hôpitaux, d’école, et même, depuis peu dans certains temples de l’économie où on voit bien que les colonnes commencent à trembler. Ce système n’existe que pour maintenir en place ceux et celles qui en tirent profit, qui l’ont conçu et mis en place. Tant qu’on ne le remet pas en question, tout va bien. Et on peut dire ce qu’on veut dans nos cuisines.

J’ai pris la parole. J’étais fâché, un peu tanné de sentir, comme plusieurs je crois, qu’on se fout un peu pas mal de nous. Et qu’au bout du compte ce système n’est «gagnant-gagnant» que pour ceux et celles qui le contrôlent.

J’aime ma région, les gens qui l’habitent. J’ai trouvé dans le Kamouraska un chez moi que je m’évertue du mieux que je peux à défendre et à mettre en valeur. J’y ai trouvé une communauté fière et déterminée. Si mes mots vous ont offensé, quelle que soit votre allégeance politique, je m’en excuse publiquement. Je ne m’attaquais pas à vous…

Je crois seulement que nous vivons dans une démocratie malade, mourante… Pis j’ai d’la misère à garder ça pour moi… Voilà… J’ai dit ce que j’avais à dire… Merci…

Christian Bégin
Comédien, auteur, animateur, citoyen

1150 mots

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