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Profilage politique

Le SPVM s'ingère dans le lancement d'un journal anti-gentrification

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Le collectif À qui la ville?, qui a récemment été la cible de répression politique de la part du SPVM et d'une coopérative d'habitation du plateau Mont-Royal, a été forcée, deux fois plutôt qu'une, d'annuler le lancement de son journal contre la gentrification.
Photo: Nicolas Falcimaigne
Montréal —

À quelques jours du dévoilement des résultats préliminaires des travaux de la Commission populaire sur la répression politique (CPRP), Ensemble a enquêté sur un exemple frappant de répression politique, défini par la CPRP comme étant une «action étatique ou privée destinée à prévenir, contrôler ou contraindre l’action collective non institutionnelle, y compris son initiation». Un groupe militant contre la gentrification à Montréal a été pris pour cible dans la plus grande indifférence, signe d'une banalisation inquiétante du profilage politique et de l'intimidation policière à l'encontre de groupes associés aux mouvements anarchistes et anticapitalistes montréalais.

Après avoir été annulé de force, deux fois plutôt qu'une, le lancement d'À qui la ville? s'est déroulé paisiblement, le 22 février dernier, au Carrefour d'éducation populaire de Pointe-Saint-Charles, un organisme d'action communautaire autonome lui-même menacé d'éviction par la Commission scolaire de Montréal (CSDM), propriétaire des locaux qu'il occupe.

Le 8 février dernier, le collectif À qui la ville? publiait une invitation à son lancement «Mon quartier change pis j'aime pas ça», qui devait se tenir dans la salle communautaire d'un HLM de Villeray, dans le centre-nord de Montréal. L'objectif de cet événement familial était de dévoiler la première édition du journal À qui la ville? et de rendre publique une déclaration du collectif contre la gentrification.

Deux jours plus tard, des locataires du HLM ont reçu la visite impromptue de deux agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), venus pour enquêter sur l'événement. Dans le cadre de leur enquête, des agents du SPVM ont également appelé l'une des organisatrices de l'événement au travail et à son domicile.

Martin Després, chargé de communication à l'Office municipal d'habitation de Montréal (OMHM), l'organisme propriétaire des lieux, a indiqué à Ensemble que l'OMHM avait été contacté par des locataires «à la suite du passage du SPVM». «À la lumière de l'inquiétude des locataires», il explique que le comité des locataires du HLM, comportant une soixantaine de logements sociaux destinés à des personnes âgées, a décidé de sa propre initiative d'annuler le prêt de la salle pour le lancement.

Lors de leur visite non sollicitée, les policiers auraient notamment affirmé aux locataires du HLM qu'À qui la ville? était un groupe politique surveillé par la police depuis les «manifestations étudiantes» de 2012.

La campagne À qui la ville? n'a pourtant débuté qu'au printemps 2013.

Misant sur une stratégie d'action directe, articulée autour d'une simple revendication concernant la réaffectation des terrains et bâtiments vacants à des fins de logement social dans la métropole, le collectif avait appelé dès le 1er juin 2013 à l'occupation d'un terrain vacant à Saint-Henri, dans l'arrondissement du Sud-Ouest.

Au sixième jour de l'occupation, les squatteurs avaient été évincés du site par une opération policière d'envergure.

«Visiblement, on est sur leur liste de groupes à surveiller», a confié à Ensemble l'une des membres du collectif.

Dans une entrevue avec Ensemble, le commandant aux communications du SPVM, Ian Lafrenière, a nié catégoriquement qu'il existe une telle «liste noire» des groupes politiques. «C'est totalement normal», a-t-il affirmé, que des policiers des postes de quartier procèdent à des rencontres avec les organisateurs d'une activité publique sur leur territoire afin de connaître les besoins de sécurité et de maintien de l'ordre de l'événement.

Se disant scandalisé «que le SPVM puisse en toute impunité se mêler d’un lancement de journal dans un lieu privé, qu’il puisse aller intimider des personnes âgées, appeler les organisatrices et les organisateurs chez eux et sur leur lieu de travail et, ultimement, faire annuler l’évènement», le collectif À qui la ville? a lancé, le 13 février, un appel public sur sa page Facebook afin de trouver un nouveau lieu pour le lancement.

Une sympathisante du collectif s'est rapidement manifestée pour offrir une salle dans la coopérative qu'elle habite sur le Plateau, mais la présidente et plusieurs membres du CA de la coopérative sont intervenus pour empêcher la tenue de l'événement, alléguant qu'un règlement interne interdit aux membres de la coopérative de prêter la salle commune à des groupes politiques.

Dans des échanges courriels dont Ensemble a obtenu copie, les administrateurs de la coopérative font état de leurs inquiétudes de voir un groupe ciblé par le SPVM utiliser la salle commune de la coopérative et annoncent qu'ils refusent la location de la salle au collectif À qui la ville?

«La peur a marché», a déploré la résidente qui ne comprend pas comment une coopérative peut s'objecter à ce que la tenue d'un événement portant sur le logement social se tienne dans ses locaux et qui dit n'avoir trouvé aucune trace de l'existence du règlement en question.

824 mots

Commentaires

Michael: je comprends votre

Michael: je comprends votre réaction. Je suis la personne sympatisante de l'organisation à Qui la ville, qui a voulu offrir la salle de sa coop pour le lancement du journal.
Je dois dire pour la défense de mon Conseil d'administration que celui-ci a réagit par peur. Je ne les défends pas et je ne dis pas qu'ils ont bien fait, mais j'essaie de comprendre. Le communiqué de A-qui-la-ville, publié sur leur site, suite à la première annulation du lancement, résumait l'histoire de la visite des policiers, et ajoutait que les personnes qui auraient une salle à offrir "devraient s'attendre à peut-être recevoir une visite de la police et se faire poser des questions" . Je sais que c'est cette phrase qui a fait réagir les 3 administrateurs qui se sont prononcés. Dans leur explication de la décision, ils évoquent "la saine gestion" et la "responsabilité" pour ne pas s'exposer à la visite de policiers et aux interrogatoires.
Je peux comprendre que des personnes qui ne sont pas des activistes soient à ce point impressionnés. C'est le but de la manoeuvre policière; impressionner, faire peur. Je ne pense pas que les membres de mon C.A. soient seulement conscients qu'ils jouent le jeu. Pour eux, c'est moi qui ait commis une faute en les exposant ainsi (or dans mon esprit c'est MOI qui s'exposait aux interrogations des policiers car c'est moi qui avait réservé la salle). On m'accuse aussi en vertu du non-respect d'un règlement qu'on a été incapable de me citer textuellement malgré mes demandes en ce sens. Or, j'ai relu attentivement le règlement de location de notre salle, j'ai lu notre Régie interne, le règlement de bon voisinage, et tous les procès verbaux des assemblées générales des dernières années jusqu'en 2011 sans trouver la moindre trace de l'adoption d'un tel règlement.
Sur ce dernier point je pense qu'on ne peut pas accuser un membre de non-respect d'un règlement sans spécifier (en indiquant la source) de quel règlement il s'agit.
À ce chapitre, je suis d'accord avec vous sur les besoins de formation à la démocratie pour ma coop. Bien que c'est moi que d'autres membres ont accusé depuis d'être anti-démocratique et "égoïste" !
Le plus ironique? Cette coop a été acquise par les membres fondateurs au prix d'une lutte incluant des moyens de désobéissance civile pacifique tels des occupations de bureau de député! En effet, la ville pensait à l'époque démolir le bâtiment, alors que des citoyens demandaient sa conversion en coop. Sans ces luttes, si nos membres fondateurs n'avaient pas pris ces moyens "illégaux" les membres actuels n'en auraient tout simplement pas de coop. On perd ainsi de vue notre propre histoire. triste.

Cette coop a besoin d'un cours sur les libertés civiles

Merci pour cet article.

Je trouve surtout honteux et inquiétant qu'une coopérative empêche des gens de tenir une simple réunion citoyenne dans une société où est censé régner le droit.

Que le SPVM les surveille n'est pas un facteur légal : aucune accusation et aucune cour est concernée. L'opinion des agents ou du SPVM n'est pas un jugement pertinent et ne doit pas servir à honnir des gens.

Cette coopérative a besoin d'un cours sur la démocratie, la séparation entre le juridique et l'exécutif, sur les droits et libertés, etc.
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Donne un pouce à des agents et tu auras des miles d'abus.

L'intimidation ici est un mauvais présage.

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