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Sommet international des coopératives

Entrevue - Suzanne Gendron, responsable du Sommet

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Suzanne Gendron, vice-présidente Soutien à la présidence et à la direction du Mouvement Desjardins, et responsable du Sommet international des coopératives de Québec 2012.
Photo: Nicolas Falcimaigne
Québec —

Suzanne Gendron est vice-présidente Soutien à la présidence et à la direction du Mouvement Desjardins, et responsable du Sommet international des coopératives de Québec 2012. Alors même que les derniers conférenciers captivaient encore leur auditoire, le 11 octobre dernier en après-midi au Centre des congrès de Québec, elle a accepté de confier ses impressions au journal Ensemble.

«Entendre les commentaires des gens et voir le réseautage qui se fait, c'est pour moi l'aboutissement d'un immense travail d'équipe», souligne d'entrée de jeu celle qui a orchestré le Sommet. Avec les partenaires coopératifs qui ont contribué dès le début, en argent, en temps, en réseautage et en énergie, «ce sont des milliers de personnes qui ont permis la création du Sommet».

Le grand message à retenir des nombreux échanges, selon Suzanne Gendron, c'est «l'importance de faire connaître notre modèle, de faire en sorte que nos gouvernements, les autorités réglementaires, les grands influenceurs politiques, comprennent qui nous sommes, nos spécificités, notre contribution, et que cela se reflète dans les décisions qu'ils prennent.»

Il faut aussi donner les outils aux coopératives pour qu'elles se développent, au moins les mêmes avantages que ceux dont bénéficient les promoteurs de projets privés. «On ne peut pas devoir se transformer en entreprise capitaliste pour avoir accès aux mêmes règles du jeu», s'indigne-t-elle.

Un autre grand enjeu à retenir, c'est l'enseignement, dans les écoles de gestion. «J'ai fait mes études en droit, j'ai fait mon MBA en finance, j'ai eu un seul cours sur les coopératives, et c'était un dirigeant de Desjardins qui donnait le cours. On est au Québec, où le mouvement coopératif a été créé pour l'Amérique du Nord, où une grande partie de notre économie est basée sur les coopératives et on ne l'enseigne pas», déplore-t-elle.

C'est auprès des jeunes que Suzanne Gendron a trouvé son coup de cœur. «Il faut leur montrer le modèle, il faut les écouter également. Je m'occupais des jeunes leaders tous les matins et je suis sortie de là avec des rêves! Ça nous prend cette influence des jeunes de façon continue. Des jeunes qui y croient, il y en a plein, il faut qu'il y en ait plus, et il faut que nous on les intègre dans nos façons de faire.»

Évangéliser le secteur privé

Questionnée sur la présence de firmes internationales privées pour réaliser des études sur le mouvement coopératif, Mme Gendron assure que c'est une stratégie de sensibilisation. «On a voulu faire différent et justement inviter des groupes non coopératifs, ce qui va nous permettre de les sensibiliser en même temps et de répandre la bonne nouvelle. C'est pour ça qu'on a approché les firmes de consultations, qui sont habituées de travailler avec des coopératives, mais qui ne se sont jamais vraiment penchées sur le mouvement coopératif. Pour eux, Desjardins par exemple, ou Bell ou une autre entreprise, c'est peut-être une coopérative, mais c'est d'abord un client. Donc on s'est associé à des grandes firmes qui ont fait des études internationales sur le mouvement coopératif, et donc qui se sont mises à s'intéresser davantage et à répandre la bonne nouvelle. Madeleine K. Albright, qu'on a invitée à donner une conférence du midi, a manifesté à de nombreuses reprises à Mme Leroux ainsi qu'à des gens autour d'elle qu'elle voulait s'y intéresser davantage et en parler. Donc elle repart à la Maison Blanche, et elle répand la bonne nouvelle.»

Une autre conférencière, professeure réputée de gestion à Harvard, a découvert le mouvement coopératif au Sommet, illustre Mme Gendron, et souhaite maintenant «faire un case study sur le mouvement coopératif, qui serait enseigné à Harvard».

Comment les invités internationaux du monde de l'entreprise privé ont-ils réagi aux débats qui remettent en question leurs propres pratiques? Mme Gendron rapporte que les professionnels de McKenzie, une firme habituée de travailler avec les grosses entreprises du monde, sont «tombés en amour avec le modèle» coopératif. Un des associés a participé à un concours international de McKenzie sur des projets, et le sien était coopératif. Ça a fait parler et McKenzie est allée jusqu'à consacrer une édition de son Quarterly au modèle coopératif. Ses dirigeants parlent maintenant de responsabilité sociale. «On sent que ces gens-là évoluent», s'enthousiasme-t-elle.

Ne pas remettre en question le capitalisme

«Il n'est pas question de remettre en question le capitalisme, se défend Mme Gendron. C'est un modèle qui fonctionne. Il faut un équilibre entre les modèles, ça ne peut pas être juste un modèle. Mais si on réussit à amener ce modèle-là à se remettre en question et à s'améliorer, chapeau! Et je pense qu'on réussit à le faire tranquillement.»

Elle affirme qu'il est maintenant de bon ton pour les entreprises capitalistes d'afficher un certain humanisme. «Les entreprises capitalistes avaient utilisé le terme de responsabilité sociale comme un outil de communication-marketing. Depuis la crise, on sent de plus en plus une réelle volonté de poser des gestes qui peuvent avoir un impact positif sur le développement d'affaires à long terme, mais qui à court terme sont vraiment là pour aider la population.»

Selon la responsable du Sommet, les entreprises capitalistes s'inspirent même des coopératives pour mieux se présenter à leur public. «Certaines entreprises, à force d'écouter ce que les coopératives font, commencent à poser des gestes. Il faudrait que ce soit multiplié par milliers, mais c'est un geste à la fois, un pas à la fois.»

Déjà, alors même que gronde la cérémonie de fermeture, il est question de répéter l'expérience. Quels thèmes pourraient être au cœur des prochains sommets? «Il y a tellement de thèmes que nous avons effleurés! La gouvernance, mentionne-t-elle spontanément. Il y a beaucoup de modèles. Pouvoir les comparer, les questionner, ça serait très intéressant. Les jeunes, comment aller les chercher, le branding, les nouveaux besoins et modèles, la nécessité de chiffrer nos résultats.»

Mais c'est l'atteinte de résultats qui intéresse vraiment la gestionnaire. «Ce que j'aimerais aussi voir, c'est est-ce qu'on a fait du progrès? Se donner des plans d'actions. J'aimerais voir un plan d'action pour se rendre à la prochaine.»

Explorer les nouveaux besoins, les nouveaux modèles.

Quels sont les changements concrets que le Sommet aura suscité chez Desjardins? «C'est évident que le Sommet va influencer certains de nos programmes. On va pouvoir utiliser du matériel provenant du Sommet. Je suis persuadée que je ne suis pas la seule à avoir été brassée positivement par le Sommet.»

«C'est une aventure extraordinaire, conclut l'organisatrice. Je pense qu'on a touché beaucoup de gens, et moi la première. Je suis arrivée la semaine dernière, mais je ne m'étais jamais dit: est-ce que moi, Suzanne Gendron, comme personne, est-ce que je vais sortir de là vraiment différente, est-ce que je vais vraiment me donner des objectifs nouveaux à partir du Sommet? Je reviens avec plein d'idées, avec plein d'intentions, par exemple les jeunes, qui veulent créer un conseil international des jeunes, on va tout faire pour que ça arrive. Je veux faire les choses différemment, challenger mes collègues, pousser nos partenaires coopératifs, je veux qu'on aille au bout de ça ensemble.»

 

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